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Périscolaire à Paris: les procédures s'accélèrent, Grégoire fait acte de repentance
information fournie par AFP 20/05/2026 à 21:40

L'école Saint-Dominique à Paris le 20 mai 2026 ( AFP / Dimitar DILKOFF )

L'école Saint-Dominique à Paris le 20 mai 2026 ( AFP / Dimitar DILKOFF )

Les procédures s'accélèrent face au scandale des violences sexuelles du périscolaire: 16 personnes en lien avec le périscolaire de trois écoles parisiennes ont vu leurs gardes à vue prolongées mercredi soir, un coup de filet salué par le maire Emmanuel Grégoire, qui a fait de nouveau acte de repentance.

Parmi les suspects, âgés de 18 à 68 ans, figurent trois agents spécialisés des écoles maternelles, trois responsables éducatifs de la ville dans les centres de loisirs, dix animateurs contractuels, a précisé le parquet de Paris.

Leurs gardes à vue, révélées par Le Monde, concernent "des faits de natures et de niveaux de gravité différents", a confirmé à l'AFP le parquet de Paris: des viols, des agressions sexuelles ou exhibitions sexuelles, ou encore "des gestes ou comportements décrits comme excessifs voire qualifiables de violences". Plusieurs des suspects avaient déjà été suspendus, selon le parquet.

Depuis début 2026, 78 agents de la ville de Paris ont été suspendus dans les écoles parisiennes, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles.

"Les investigations avancent enfin à la hauteur de la gravité des faits signalés", a réagi auprès de l'AFP Barka Zerouali, porte-parole du collectif #MetooEcole. Rappelant que "pendant des mois, certaines familles ont eu le sentiment de ne pas être entendues".

"C'est un grand soulagement pour les familles de constater que la justice n’a pas renoncé à poursuivre les auteurs de ces abominations", a abondé Me Julien Roelens, mandaté par les parents d'un élève de l'école maternelle Saint-Dominique, ayant porté plainte pour viols.

Au total, le parquet de Paris enquête pour de possibles violences dans 84 écoles maternelles, une vingtaine d'élémentaires et une dizaine de crèches. Une "accélération des enquêtes" saluée par le nouveau maire PS Emmanuel Grégoire, qui a engagé début avril un plan d'action à 20 millions d'euros pour le périscolaire, "priorité absolue" de son début de mandat.

Mais le scandale continue de faire des vagues, après la révélation lundi par Le Parisien qu'un animateur mis en examen en 2025 pour violences sexuelles dans une école du XIe arrondissement, avait déjà été placé en garde à vue en 2024, pour des faits similaires dans une autre école voisine.

"Ce cas est scandaleux. Il y aura des sanctions", a affirmé l'ex-premier adjoint d'Anne Hidalgo (de 2020 à 2024), qui a présenté sur France 2 ses "excuses", comme il l'avait fait la semaine dernière devant les parents d'élèves de l'école Saint-Dominique.

Ce type de situation "ne pourra se reproduire", assure-t-il, car le recrutement est désormais "plus exigeant", "ne se fait plus au niveau local", tandis qu'un fichier garde une "traçabilité".

Pour l'avocat Me Florian Lastelle, qui représente deux familles de l'école Rapp et a porté une plainte collective signée par 74 parents, le débat doit encore changer d'échelle: "il est désormais impératif que les parlementaires s’emparent à leur tour de ce sujet majeur par la création d’une commission d’enquête".

- "Des fautes commises" -

Hasard du calendrier, la mairie a restitué mardi une enquête administrative aux parents d'élèves de l'école Bullourde du XIe, où l'animateur en question a été réembauché. Et doit en remettre une autre ce mercredi soir à l'école Belzunce du Xe, où il avait initialement été soupçonné.

"Ce rapport montre qu'il y a eu des fautes commises et nous avons demandé à ce que des procédures disciplinaires soient enclenchées", a fait savoir l'adjointe aux affaires scolaires de l'Hôtel de ville, Anne-Claire Boux.

"Je sais qu'il y a une forme de rupture de confiance évidente avec l'école publique. Mais on va y arriver, c'est une obligation", a promis Emmanuel Grégoire lors d'un débat à son premier Conseil de Paris ordinaire.

Le nouvel édile a accédé à la demande de l'opposition de droite dirigée par Rachida Dati et Grégory Canal de mettre en place une "mission d'information et d'évaluation" (MIE).

"Enfin ! Ca fait deux mois qu'on la réclamait", s'est félicitée Inès de Raguenel (LR), soulignant le rôle "transpartisan" d'une MIE, qui viendra compléter la "commission d'enquête indépendante" annoncée par l'exécutif. Le premier groupe d'opposition regrette néanmoins que les 20 millions d'euros dévolus au périscolaire ne soient "pas fléchés".

Depuis une semaine, les 14.000 animateurs de la ville de Paris, dont la grande majorité sont vacataires, sont appelés à la grève jusqu'à vendredi, pour dénoncer notamment les "suspensions qui explosent" dans un climat de "suspicion généralisée".

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